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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 06:01

I EVALUER QUI ET QUOI

Pourquoi évaluer son utilité sociale ?

Évaluer un dispositif de formation ou d’insertion, c’est porter un jugement sur la valeur de ce dernier. La plupart des acteurs sociaux réagissent spontanément par le dénigrement de cette démarche pour plusieurs raisons.

·            

          En premier lieu parce que l’évaluation, avant d’être décidée et organisée volontairement par un certain nombre de dispositifs, a d’abord été longtemps imposée par les financeurs publics. Or, c’est un biais cognitif connu, il est souvent difficile de surmonter la réaction dévaluatoire qui nous gagne face à la décision prise par autrui lorsque nous n’avons pas été consultés en amont.

·                En deuxième lieu, c’est une prise de risque incontestable, car l’évaluation peut pointer des faiblesses, voire des dysfonctionnements, et notre propension naturelle nous pousse à éviter cette prise de risque quels que soient les éléments qui la justifient.

·     

           Enfin, l’évaluation renvoie aussi pour certains à la vie scolaire, une page vécue encore parfois comme un traumatisme avec son cortège d’appréciations ironiques et blessantes sur le bulletin scolaire : «Tente de progresser... vers la porte quand ça sonne; toujours dans les nuages et n’en tombe que sous forme de perturbations». D’où ce florilège de vives critiques sur l’évaluation que nous avons reprises à chaque partie du guide afin d’étudier si elles sont réellement fondées et sur quoi elles s’appuient. Le présent chapitre s’appuiera d’ailleurs en grande partie sur des témoignages d’acteurs ayant vécu une telle expérience : quelles difficultés ont-ils rencontrées ? Qu’en ont-ils retiré ?

 

Pour autant, chacun s’accorde sur le fait qu’une grande partie du temps des médiateurs est consacrée à se faire accepter, reconnaître, voire légitimer par les élus, les partenaires et les habitants. Si rendre compte de son utilité remporte dès lors davantage de suffrages, il convient de préciser à ce stade que deux modes opératoires complémentaires et distincts cœxistent en la matière :

 

·            Le premier registre est celui de la persuasion, du latin per et suadere, littéralement «faire agréer». Amener un interlocuteur à nous suivre, à adhérer à notre proposition se réalise le plus souvent par des arguments affectifs et émotionnels. À ce titre, pendant longtemps la médiation sociale a fait état de témoignages de médiateurs, d’habitants, de partenaires vantant les mérites des actions déployées sur le terrain. La sensation de plaisir ou de déplaisir que cela provoque chez l’interlocuteur l’orientera et le motivera ainsi à accepter ou refuser la proposition qui lui est faite.

 

·             Le second registre est celui de la conviction, du latin cum et vincere, littéralement «vaincre avec». Passer de la persuasion à la conviction, c’est se doter d’éléments factuels, de preuves objectives pour démontrer la véracité d’une proposition. La conviction repose sur la rigueur, l’ordre et la mesure pour devenir si claire, si évidente, qu’elle s’impose d’elle-même. Cette logique se veut objective, voire impersonnelle, chacun pouvant peser de la même façon le pour et le contre afin de distinguer le vrai du faux (position « meta »).

Jusqu’aux années 1970, le modèle infirmier reste profondément marqué par le modèle religieux, avec son corollaire de dévouement aux malades et de soumission aux médecins, et fut particulièrement sollicité durant les grandes guerres. La reconnaissance officielle du rôle propre de l’infirmier date de 1978 et va s’accompagner de l’émergence d’une discipline à part entière avec la rationalisation de pratiques et de savoirs spécifiques. Les acteurs sociaux ont la même difficulté à se libérer de leur filiation au rôle du «bon samaritain» dans lequel ont tend à les enfermer.

 

Pour autant, la seule force de persuasion ne saurait suffire face à des élus, des partenaires et plus généralement des citoyens qui ne demandent qu’à être convaincus par des preuves tangibles de la plus-value sociétale des dispositifs d’insertions implantés sur un territoire.

 

Au-delà du discours politique, qu’est-ce qui prouve que la l’action sociale est plus efficace que l’intervention judiciaire pour résoudre un problème de « déviance » ?

 

Qu’est-ce qui prouve que les assistantes sociales, les éducateurs spécialisés, les animateurs de quartier ont leur place dans leur diversité sans redondance avec les services déjà existants ?

 

C’est pour répondre à toutes ces questions qu’il convient de réaliser une évaluation de son utilité sociale.

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Published by Scriptura - dans Conseil
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